Le chanteur guinéen de la musique urbaine One Time a brisé le silence sur une réalité qui, selon lui, fragilise depuis plusieurs années l’industrie musicale guinéenne. À travers une longue publication sur sa page Facebook, l’artiste a dénoncé le phénomène du clanisme, qu’il considère comme un véritable frein à l’épanouissement de la culture nationale.
Dans son message, One Time estime que de nombreux artistes évoluent aujourd’hui au sein de groupes organisés qui alimentent les rivalités et les divisions.
« En Guinée, presque chaque artiste semble avoir un clan, réparti en différents groupes, avec des responsables qui exécutent la volonté de l’artiste. Cela ressemble parfois à une véritable secte, qui, aujourd’hui, contribue à propager la haine dans notre société. »
L’auteur de cette sortie regrette une situation qui, selon lui, pousse plusieurs acteurs du milieu à choisir un camp, même lorsqu’ils souhaitent simplement soutenir une œuvre artistique.
« Aujourd’hui, on ne peut même plus publier une vidéo TikTok sur la chanson d’un autre artiste, même simplement parce qu’on l’apprécie, sans craindre d’être étiqueté. Si tu es neutre et que tu as de l’influence, certains chercheront par tous les moyens à te faire rejoindre leur camp. »
Pour One Time, cette logique de confrontation dépasse largement le cadre de la musique et finit par avoir des conséquences sur le tissu social.
« Cette pratique a créé de profonds traumatismes dans notre culture et au sein de notre société. Elle a même fini par porter atteinte à la dignité humaine. »
Le chanteur invite les acteurs de l’industrie musicale à privilégier une compétition basée sur le respect plutôt que sur les conflits.
« La concurrence saine, fondée sur le respect et sans animosité, fait évoluer une culture. En revanche, une rivalité malsaine nous conduit à la division, à la destruction et à la dévalorisation de notre patrimoine culturel. »
Par cette prise de parole, One Time relance un débat récurrent au sein de la musique guinéenne, celui des rivalités entre clans d’artistes et de leurs répercussions sur la cohésion du secteur culturel.
Mohamed Cinq Sylla