Dans une interview accordée à l’émission CKO sur YouTube, Singuila s’est livré sur l’un des paradoxes marquants de sa carrière : celui d’un artiste ignoré par les radios françaises mais plébiscité sur le continent africain, notamment au Gabon.
Le chanteur raconte comment ses séjours au Gabon ont été déterminants dans sa construction identitaire. Accueilli comme un enfant du pays, il comprend alors qu’il dépasse les frontières de son héritage congolais et centrafricain. « Ils m’ont fait capter que j’étais un Africain », confie-t-il, ajoutant que cette prise de conscience lui a « changé la vie ».
C’est précisément cette période qui lui inspire le titre L’enfant du pays, et c’est depuis le continent que des morceaux comme Misérable ou Ma nature trouvent leur public des titres que la France, elle, n’a jamais vraiment entendus. « C’est pas qu’elles n’ont pas marché, c’est qu’elles n’ont pas existé« , tranche-t-il, pointant directement le désintérêt des radios hexagonales.
Seule exception notable qu’il cite lui-même : Ado FM, la radio qui, selon lui, « a toujours joué le jeu » tout au long de sa carrière.
Un témoignage qui illustre, une fois de plus, le fossé persistant entre la reconnaissance africaine des artistes afro et leur visibilité dans les médias mainstream en France.
Mohamed Cinq Sylla