«Une carrière, ça s’achète» Tayc dit tout haut ce que l’industrie pense tout bas

Dans une interview accordée à Billboard France autour de son deuxième album Joÿa, Tayc a lâché une phrase qui fait mal : «C’est malheureux à dire, mais une carrière, ça s’achète.» Pas une provocation. Un constat.

Celui qui s’est imposé comme la référence de l’afro love en France parle d’expérience. Dans le développement de ses propres artistes, il reconnaît avoir commis l’erreur classique : trop investir sur l’artistique, pas assez sur la promotion.

«Ça ne sert à rien de payer un clip 25 000 euros sur un artiste que personne ne connaît encore. Mieux vaut faire un visualiser et mettre 15 000 euros de promo dedans. Tout le monde le voit.»

La logique est implacable. Et elle va plus loin. Pour Tayc, les maisons de disques ne sont ni plus ni moins que des banques. Des structures de financement que l’artiste intelligent peut court-circuiter.

«Pourquoi je ne vais pas prendre 400 000 euros à ma banque et développer ma carrière moi-même ?»

PNL, les indépendants qui gèrent leur propre matériel, leur propre logistique il voit dans ces trajectoires les signes d’un basculement inévitable.

«Je pense qu’on est bientôt à la fin des gros contrats, des grosses maisons de disques.»

Lui-même est passé par là. Ses débuts : zéro radio, zéro télé. Juste la force de ce qu’il sortait.

La qualité reste la porte d’entrée. Mais sans stratégie derrière, elle ne mène nulle part.

Mohamed Cinq Sylla