Le clash entre Didi B et Himra continue de faire des vagues dans le rap ivoirien. Mais au-delà des fans et des artistes, une autre catégorie d’acteurs en subit directement les conséquences, les DJs.
En Côte d’Ivoire, DJ Arsenal a décidé de sortir du silence. Dans une publication sur sa page Facebook, le DJ tire la sonnette d’alarme sur une situation devenue, selon lui, très problématique dans les soirées.
Il explique qu’aujourd’hui, mixer du rap ivoire est devenu un véritable casse-tête. Lorsqu’il enchaîne les morceaux de l’un des deux artistes, une partie du public décroche immédiatement, pendant que d’autres réclament à tout prix les titres du camp opposé. Résultat, l’ambiance en prend un coup, et le DJ peine à maintenir une énergie homogène sur le dancefloor.
« On veut faire danser tout le monde, mais c’est devenu compliqué. Tu joues un son de Didi B, certains boudent. Tu passes Himra, c’est l’inverse. Ça casse le mood », résume-t-il en substance.
Selon lui, cette rivalité dépasse désormais le cadre musical. Dans les clubs et les événements, certains sortent moins pour s’amuser que pour défendre leur artiste préféré. Une attitude qui, à la longue, nuit à l’expérience collective et à la liberté de création des DJs.
Face à cette pression, DJ Arsenal dit avoir pris une décision radicale : éviter tout simplement le rap ivoire dans certains de ses sets. Une solution qu’il reconnaît frustrante, mais nécessaire pour préserver l’ambiance générale et satisfaire le public.
Il regrette également une contradiction souvent pointée du doigt, le manque de soutien à la musique locale. « On reproche aux DJs de ne pas promouvoir les artistes ivoiriens. Mais quand on le fait, le public lui-même bloque à cause de cette rivalité », déplore-t-il.
Pour lui, il est temps de faire la part des choses. Les fans peuvent soutenir leurs artistes via les streams et les concerts, mais les espaces festifs devraient rester des lieux de détente et de partage.
Un message clair, qui met en lumière un effet collatéral peu évoqué de ce clash : l’impact direct sur ceux qui font vivre la musique au quotidien.
Mohamed Cinq Sylla