Le Mouvement Roots Tongo a organisé, ce jour à Kaporo, une journée de prière dédiée à l’artiste Kaporo Mengueh ainsi qu’à la mission spirituelle Tayely (Roots and Rhythm). L’événement a rassemblé une importante communauté rasta, notamment le Mouvement Rasta de Guinée (MOURAG), le Conseil Rastafari de Guinée et le collectif Reggae Kartel.
Vêtus de blanc, hommes et femmes ont pris part à cette cérémonie de recueillement tenue sous le grand fromager, qui abrite la tombe du fondateur de Kaporo, Manga Sangaré, fils de Soumba Toumany de Dubréka.
Placée sous le signe de la foi et de la spiritualité, la journée a débuté par une visite guidée des sites historiques et sacrés de la localité. De la tombe du fondateur à l’îlot de Kaporo, en passant par la place des Martyrs et la cour royale d’Almamy Kerfalla Soumah, ancien chef de canton, les participants ont revisité l’histoire et la portée symbolique de ces lieux.
Selon Lansana Almamy Soumah, natif de Kaporo, l’îlot appelé Tayelée est un espace sacré dédié aux rites et aux sacrifices. Il précise également que la place des Martyrs, attribuée aux Bagas vers 1832 selon la tradition, joue un rôle dans la protection spirituelle de Conakry.
Prenant la parole, Mamadou Saliou Sy Savané, connu sous le nom de Rasta Savané et vice-président du MOURAG, a salué l’initiative : « Nous sommes réunis aujourd’hui pour soutenir l’un des nôtres, un artiste qui valorise la Guinée à travers le monde. L’essentiel est de rester soudés dans un esprit de “One Love”. »
Visiblement ému, Kaporo Mengueh a exprimé sa reconnaissance : « C’est un plaisir pour moi de voir mes frères venir dans mon village. Mon grand frère a pu faire les présentations et montrer à ma famille que la communauté rasta est aussi ma famille. Aujourd’hui, cette famille que j’ai construite ailleurs me ramène à ma source. Être devant la tombe de mon ancêtre Manga Sangaré et entendre toute cette histoire me rend très heureux. Je n’ai pas les mots. »
La journée s’est achevée par des prières pour la réussite du projet Tayely, avec l’espoir de le voir s’étendre au-delà des frontières. Plusieurs participants ont également formulé des vœux personnels dans une atmosphère empreinte de ferveur.
En fin de programme, place à la célébration. Autour d’un feu, une danse baga a réuni les participants dans une ambiance conviviale, mêlant chants traditionnels et prestations chorégraphiques, illustrant la richesse du patrimoine culturel local.
Mohamed Cinq Sylla