De psychothérapeute à DJ : à 60 ans, Myriam vit sa passion pour la musique

À 60 ans, Myriam Muraro n’a rien perdu de son goût pour la musique. Depuis 2019, elle se produit sous le nom de Miry Muraro et partage sa passion pour la musique électronique sur différentes scènes, du Gers, où elle vit, jusqu’en Espagne.

Formatrice dans le secteur médico-social, Myriam a découvert la techno relativement tard. Cette passion, devenue au fil des années une véritable activité artistique, l’a conduite à se produire en France et en Espagne.

Une reconversion professionnelle avant les platines

Selon nons confrères d’Actu Occitanie ,Originaire du Gers, Myriam Muraro a d’abord suivi des études d’infirmière à l’hôpital d’Auch. Elle a ensuite travaillé pendant une vingtaine d’années dans le secteur de la psychiatrie.

En 2007, elle décide de changer de voie. « J’ai repris les études et j’ai ouvert mon cabinet en tant que psychothérapeute à Auch », raconte-t-elle.

Après plus de dix ans comme psychothérapeute, elle devient formatrice dans le secteur médico-social. Mais une autre passion va progressivement prendre une place importante dans sa vie.

La découverte de la techno

Il y a une dizaine d’années, un proche lui fait découvrir la musique techno.

« À la base, je connaissais seulement les standards comme David Guetta. Mais j’ai tout de suite accroché avec ce genre de musique », explique-t-elle.

Curieuse, Myriam commence alors à apprendre les bases du mix. « J’ai vu des tutos sur YouTube et ça n’avait pas l’air trop compliqué. J’ai acheté du matériel et puis j’ai appris en autodidacte. »

Au départ, elle pratique uniquement pour le plaisir. Elle ouvre ensuite un compte sur SoundCloud, où ses mix commencent à attirer l’attention. En 2019, elle est sélectionnée pour participer à l’after-party de la Techno Parade à Paris.

Cette première expérience devant un public marque un tournant. « C’était ma première fois devant un public et j’ai adoré cette connexion qui se crée avec les gens », se souvient-elle.

Les lives Facebook qui changent tout

Quelques mois plus tard, la crise sanitaire liée au Covid-19 bouleverse le monde de la culture. Pour Myriam, cette période va pourtant permettre de développer davantage son univers musical.

« Ensuite, il y a eu le Covid. J’ai dû m’enfermer chez moi. Mais cela m’a plutôt bien réussi ! »

Elle commence alors à organiser régulièrement des lives sur Facebook. Chaque mercredi soir, pendant une à deux heures, elle mixe en direct devant des milliers de personnes.

« Ça m’a propulsé ! J’ai fait ces lives toutes les semaines pendant deux ans. Je me suis créé une véritable communauté. »

Une grande partie de son public se trouve alors dans le monde hispanophone. « Ce qui m’a surpris, c’est que ça a touché un public hispanique en majorité. J’ai des fans qui viennent d’Amérique du Sud et d’Espagne beaucoup. »

Cette communauté va progressivement lui ouvrir des portes au-delà des frontières françaises.

De la techno à la melodic techno

Au fil des années, l’univers musical de Miry Muraro évolue. « Ma DA, direction artistique, a beaucoup évolué », reconnaît-elle.

Ses sets, autrefois davantage orientés vers la techno, intègrent désormais des sonorités plus douces. « À l’époque des lives Facebook, je faisais beaucoup de techno. Puis j’ai commencé à baisser les BPM et petit à petit à adoucir mes sons. »

Aujourd’hui, elle navigue principalement entre la melodic techno, la progressive house et l’organic house.

« J’aime ces trois genres et j’adore les mélanger pendant mes sets, et puis je garde la techno que j’injecte pour amener de l’énergie », explique la DJ.

Miry Muraro publie également ses productions sur SoundCloud et compte trois morceaux disponibles sur Spotify. Elle souhaite aller plus loin dans cette direction, même si elle doit encore gérer seule une grande partie de son activité.

« J’ai envie de développer ça mais ce n’est pas évident et ça prend du temps. Je m’occupe toute seule de diffuser mes sons, gérer mes réseaux sociaux… ça prend du temps. »

Malgré les contraintes, elle garde une ambition en tête. « Mais je me dis, pourquoi pas faire un album un jour ou l’autre ! »

Du Gers à l’Espagne

Avec le temps, les scènes se multiplient pour la DJ de 60 ans. Elle s’est notamment produite au festival Bricks à Toulouse, au Cirque Jules Verne à Amiens, mais aussi dans un temple romain à Santander, en Espagne.

Elle a également joué au Pic du Midi, en première partie de Mosimann, tout en continuant à répondre présente dans les festivals locaux et les fêtes de village du Gers.

Son public espagnol lui a aussi permis de franchir une nouvelle étape. Elle a notamment participé au tournage d’une publicité à Madrid pour la marque de cosmétiques Olay et s’est produite dans plusieurs festivals et clubs.

Dernièrement, elle était en Andalousie, dans le quartier historique de Grenade, où elle a mixé dans un club techno.

La musique au service des personnes atteintes d’Alzheimer

Parallèlement à ses activités de DJ et à son travail dans le secteur médico-social, Myriam développe un projet autour de la musique et des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Elle a notamment expérimenté une nouvelle formation dans un EHPAD à Albi afin d’observer les réactions des résidents à différentes expériences musicales.

« On essaye de voir les réactions et les émotions que peut procurer la musique sur les personnes atteintes d’Alzheimer. C’est un projet qui me tient vraiment à cœur », confie-t-elle.

À 60 ans, Myriam Muraro n’envisage donc pas de ranger ses platines. Elle souhaite continuer à se produire et rêve notamment de participer au festival Monegros en Espagne ou de mixer au Bikini à Toulouse.

« Tant que je suis en bonne santé et que j’ai l’envie, je continuerai ! »

J’ai gardé les éléments qui donnent de la personnalité au portrait — son apprentissage sur YouTube, les lives pendant le Covid, son public hispanophone, son évolution musicale et son projet autour d’Alzheimer — tout en supprimant les formulations trop scolaires ou artificielles.

Mohamed Cinq Sylla