Ans-T Crazy : « Si c’est le FODAC qui doit tout faire, alors enlever le ministère »

Le 11 septembre dernier, l’artiste guinéen Ans-T Crazy s’est produit au Zénith Paris-La Villette, en France. Un concert auquel ont notamment assisté Hamidou Bah, chef de cabinet du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, et Malick Kébé, directeur général du Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC).

De retour à Conakry, le hitmaker est revenu sur les démarches entreprises avant ce rendez-vous parisien. Invité dans l’émission Telerô de Kaback TV, il a déploré ce qu’il considère comme un manque d’accompagnement direct du ministère de la Culture, malgré le soutien dont il dit avoir bénéficié du FODAC.

Ans-T Crazy revient sur ses démarches auprès du ministre

Selon l’artiste, son équipe avait pris contact avec le département dirigé par Moussa Moïse Sylla avant le concert.

« Sans vous mentir, on a commencé par le ministère de la Culture. On est allé voir monsieur le ministre avec des colas. Moi, ce n’est pas dans ma culture de donner des colas à quelqu’un », a expliqué Ans-T Crazy.

L’artiste affirme ensuite ne pas avoir reçu de retour personnel du ministre concernant son concert.

« On est allé avec les colas chez monsieur le ministre Moussa Moïse Sylla. Mais après, pour ne pas rentrer trop dans le vif du sujet, jusqu’à là où nous sommes, moi, je n’ai pas reçu un message du ministre », a-t-il déclaré.

Ans-T Crazy a toutefois tenu à reconnaître les qualités du ministre, malgré ses critiques sur l’accompagnement de son événement.

« En tout cas, moi, sans vous mentir, c’est l’un des meilleurs ministres, je le dis. Mais sans vous mentir, il n’a pas accompagné cet événement », a-t-il poursuivi.

Le FODAC et le ministère au cœur de son interpellation

L’artiste reconnaît avoir bénéficié du soutien du FODAC dans le cadre de son projet. La présence, le soir du concert, de son directeur général Malick Kébé témoigne par ailleurs de l’implication du fonds autour de cet événement.

Pour Ans-T Crazy, cet accompagnement du FODAC ne devrait toutefois pas se substituer à celui que pourrait apporter le ministère de la Culture.

« Parce que le FODAC, c’est une autre porte qui n’a rien à voir avec le ministère de la Culture. Le FODAC, c’est le FODAC, Fonds d’aide pour la culture », a-t-il déclaré.

L’artiste estime que le ministère peut également jouer un rôle institutionnel dans l’accompagnement des artistes, sans nécessairement leur apporter directement un soutien financier.

« Moi, je n’ai jamais demandé à ce que le ministre me donne de l’argent. Le ministre, son simple appel peut faire beaucoup d’ouvertures », a-t-il fait savoir.

Il s’interroge ainsi sur la répartition des rôles entre le ministère et le FODAC.

« Si ce que le FODAC est en train de faire, c’est le ministère qui devrait le faire normalement, par exemple, le ministère, ce qu’il doit faire, si c’est le FODAC qui doit tout faire, alors enlever le ministère », a lancé l’artiste.

« Le ministère ne nous a pas accompagnés »

Ans-T Crazy estime que le ministère aurait pu apporter un accompagnement autre que financier à son concert, alors même que des représentants du département étaient présents au Zénith.

« Même si le FODAC relève de là-bas, le ministère aussi pouvait faire quelque chose, sans vous mentir. Pourquoi on nous dit de mettre le logo du ministère et du FODAC depuis le début ? »

L’artiste maintient donc sa position sur l’absence d’accompagnement direct du ministère dans la préparation de son concert.

« Sans vous mentir, le ministère ne nous a pas accompagnés », a-t-il conclu.

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Mohamed Cinq Sylla