Elie Kamano sur Koundou Waka « C’est le 1er promoteur de la musique vulgaire dans ce pays »

Ces derniers temps, l’OPROGEM mène une opération de censure contre les morceaux jugés vulgaires ou outrageux sur le sol guinéen. Et la chanson Goûter Rester de Ténin Diawara en a payé les frais. Elie Kamano, l’un des célèbres chanteurs reggae du pays approuve cette démarche des autorités.

Dans un entretien vidéo accordé au média Lola Plus, il a rappelé que la musique guinéenne a perdu sa valeur, point de vue contenu, avant d’indexer Koundou Waka comme le 1er promoteur de la musique vulgaire dans ce pays.

« Vous savez, moi je vais vous dire hein, par rapport à la musique guinéenne aujourd’hui, je l’ai dit et je le clame partout, il n’y a plus de contenu et j’en suis quelques parts responsables. Vous savez que lorsque j’ai commencé à chanter dans ce pays, mes textes, mes chansons avaient un vrai contenu et je conscientisais la jeunesse, j’ai conscientisé toute une génération. Mais aujourd’hui la musique guinéenne est à l’image du niveau d’instruction et d’éducation de la population guinéenne. Ceux qui acclament cette musique au contenu outrageant, sont à l’image justement de ceux qui chantent ces morceaux. Le 1er promoteur de la musique vulgaire dans ce pays c’est Koundou Waka. Koundou waka doit être mis hors d’état de nuire, sa musique a un effet négatif sur la culture, la société guinéenne. Je ne le dis pas parce que j’ai une dent contre lui, mais je le dis parce que vous êtes tous témoin de cela…»

Également dans la même lancée, il affirme qu’ en aucun cas il faut accuser la chanteuse Ténin Diawara. Selon lui, il faut que l’OPROGEM mette le grappin sur l’auteur du titre Dodo qui en est le précurseur. 

« On ne peut pas accuser aujourd’hui Ténin Diawara ou bien Paul ou Pierre, pendant que le précurseur de ce style qui est Koundou Waka se promène librement et n’est pas inculpé par l’OPROGEM.  Tout ce que Koundou waka a chanté dans ce pays-là, a eu un effet négatif qui est allé en crescendo dans notre société. Et ça il fallait le stopper dès ses premiers pas, dès ses premiers morceaux. Quand il a commencé, prenez les titres de Koundou Waka je n’accuse personne dans ce pays c’est lui. Moi je ne peux même pas dire le titre d’un de ses morceaux.  Et ce qu’il dit dedans est terrible.

Donc quand un artiste n’a pas de contenu, n’est pas conscient des faits de sa société, il se livre à de telles pratiques. Et quand tu es un exemple pour une société, quand tu es un homme public, tu dois donner ce que c’est qu’une leçon.  C’est de cette leçon que les autres vont s’inspirer si c’est une bonne chose que tu fais, les autres diront ah il était bien, on ferait mieux de faire comme lui, si c’est mal quoi qu’il en soit il y a toujours une tendance qui seront des adeptes.

Vous n’êtes pas sans savoir que sur le plan du reggae il y en a qui disent Takana, il y en a qui disent Elie Kamano. Ceux qui étaient pour Elie Kamano avaient leurs raisons, ceux qui étaient pour Takana avaient aussi leurs raisons vous le savez. Donc ceux qui vont écouter la musique de Koundou Waka ou des autres artistes dont vous parlez ont leurs raisons. Et les raisons qui les amènent à écouter ça ou à faire la même chose, c’est peut-être qu’ils n’ont pas le niveau et qu’ils sont limités au même niveau que ces artistes… » 

Pour terminer, le Maréchal Élie Kamano apporte son soutien à l’OPROGEM, qui fait selon lui un travail remarquable, en rappelant  le rôle « d’éducateur » que doit jouer un artiste dans une société.

https://www.facebook.com/LolaPlus.org/videos/316523124168712/?app=fbl

Mohamed Cinq Sylla