Les 22 et 23 octobre prochains, le Musée national de Guinée accueillera un colloque consacré à « L’épopée de la culture guinéenne ». Organisée par Select Com, cette rencontre vise à retracer les grandes étapes de l’histoire culturelle du pays et à transmettre ce patrimoine aux nouvelles générations, afin de lutter contre la désinformation et de préserver la mémoire collective.
En prélude à cet événement, une conférence de presse s’est tenue ce matin dans les locaux du Musée national de Guinée. À cette occasion, l’ancien ministre Fodéba Isto Keira et le doyen Jean-Baptiste Williams sont revenus sur les objectifs, les enjeux et les grandes lignes de cette initiative.
Jean-Baptiste Williams déplore un déficit d’informations sur l’histoire culturelle guinéenne
D’entrée de jeu, le journaliste culturel émérite et consultant Jean-Baptiste Williams a expliqué les raisons qui ont motivé le choix de cette thématique. Selon lui, l’histoire de la culture guinéenne demeure insuffisamment connue du grand public, malgré la richesse de son parcours et les contributions majeures de ses pionniers.

«Nous avons pensé qu’il y a un déficit d’informations en matière de cheminement de cette brillante culture guinéenne. Parce que quand on prend, rien que Fodeba Keïta, qui déjà en 1949, fondait le théâtre africain de Keïta Fodeba, ça voulait simplement tout dire. Et il avait déjà commencé à écrire. Vous avez certainement vu l’Aurore africaine, ça c’est des textes depuis les années 40. Il y a plein d’autres qui ont suivi. Mais ça n’a pas été enseigné, ça n’a pas été évoqué largement à la connaissance du grand public.
Alors, à travers ce colloque que nous organisons, nous en ferons d’ailleurs plusieurs, c’est une série. Toutes choses à un début. C’est pourquoi nous avons dit que l’épopée de la culture guinéenne, de façon générale, la culture en elle-même, mais puisque généralement c’est la musique qui est la locomotive, elle sera plus mise en exergue.
Et là, vous comprendrez, je vous livrerai ce scope aujourd’hui. Je vous apprendrai que le premier orchestre guinéen fut créé en 1933. Vous le dites, je citerai tous les musiciens qui ont appartenu à ce premier orchestre.
Je vous dis bien 1933. Donc, toute cette histoire mérite d’être dite. Alors, pour le reste, vraiment j’invite le public à venir, vous pouvez s’y promener. On fait plus le réflexionnel que le festif. On en a assez fait. » a-t-il expliqué.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent ainsi mettre en lumière les figures marquantes, les œuvres fondatrices et les différentes étapes de l’évolution culturelle du pays. La musique, considérée comme l’un des principaux moteurs de cette histoire, occupera une place importante dans les échanges.
Fodéba Isto Keira mise sur la transmission aux jeunes générations
Pour l’ancien ministre de la Culture, Fodéba Isto Keira, ce colloque représente avant tout une occasion de transmettre les connaissances et l’expérience accumulées au fil des années. Il estime que la jeunesse guinéenne doit pouvoir apprendre son histoire culturelle pour mieux la comprendre et la valoriser.

«Oui, tout à fait. L’objectif de ce colloque, c’est la transmission. 40 années d’expérience, nonobstant la modestie, nous permettent aujourd’hui de décider, n’est-ce pas, de transmettre aux futures générations. Et nous avons lancé ce processus-là à partir du 22 octobre, du 22 au 23 octobre. Mais après, nous irons dans les universités.
La présence du comité scientifique, de l’Institut supérieur des arts, pour y canter en une illustration parfaite, de notre volonté de transmettre et surtout d’envoyer cette connaissance-là au niveau des jeunes étudiants qui sont, n’est-ce pas, des spécialistes des questions de culture. Et ce qu’il faut aussi retenir en plus, de retracer l’ère ou l’époque glorieuse de notre culture, de notre musique, de notre danse, de notre percussion, de notre cinéma, de notre patrimoine historique, c’est le fait que nous allons, pendant ces deux journées, ressortir le côté, l’aspect économique, n’est-ce pas, de la culture, l’importance de la culture comme vecteur économique. Ensuite, l’importance de la culture comme facteur de création de l’emploi.»
Au-delà de la dimension historique, les organisateurs souhaitent donc mettre en évidence le rôle de la culture dans le développement économique, notamment à travers la création d’emplois et la valorisation des industries culturelles et créatives.
Le colloque s’adresse aux journalistes et animateurs culturels, aux associations d’artistes, aux cadres du ministère de la Culture, mais également à toutes les personnes intéressées par l’histoire et le patrimoine culturel guinéens. L’objectif est de permettre aux participants de mieux connaître les origines, les évolutions et les grandes figures de cette culture afin de préserver et de transmettre fidèlement cette mémoire.
Des experts attendus pour enrichir les débats
Pour donner une dimension scientifique et professionnelle aux échanges, plusieurs experts et acteurs du secteur culturel sont annoncés. Parmi eux figurent Kerffala Makanera, spécialiste du droit et de la propriété intellectuelle, le professeur Bolata Dieng, Bilia Bah, directeur général des Industries culturelles et créatives (ICC), Moussa Fofana, directeur général du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), ainsi que MOSES DJINKO, journaliste culturel ivoirien, Alioune Diop, journaliste à la RTS, et le professeur Aly Gilbert.
La participation du comité scientifique de l’Institut supérieur des arts Mory Kanté est également prévue pour contribuer à la qualité des discussions et à la transmission des connaissances.
Pendant deux jours, les échanges porteront notamment sur les grandes périodes de l’histoire culturelle guinéenne, de la musique à la danse, en passant par les percussions, le cinéma et le patrimoine historique.
À travers ce rendez-vous, Select Com et ses partenaires ambitionnent de faire revivre les grandes heures de la culture guinéenne, tout en sensibilisant les jeunes générations à la nécessité de connaître, de préserver et de valoriser cet héritage.
Rendez-vous les 22 et 23 octobre au Musée national de Guinée pour revisiter l’épopée de la culture guinéenne.
Mohamed Cinq Sylla