« Quand tu as un très gros morceau, il devient ton ennemi » : Keblack se livre sur les dessous du succès
Après avoir connu une ascension fulgurante grâce à ce titre devenu incontournable, Keblack reconnaît avoir vécu difficilement la baisse d’exposition qui a suivi. Dans une interview accordée à Billboard France, à l’occasion de la sortie de son nouveau projet commun avec Franglish, ENERGY, le chanteur franco-congolais est revenu sur les moments les plus marquants de sa carrière, notamment la période compliquée qui a suivi le succès de son tube Bazardée.
« C’était dur de passer d’un Bazardée et d’un coup plus rien. Il y a une voix intérieure qui me dit : tu vas revenir, mais je ne savais pas quand j’allais revenir », a-t-il confié.
L’arrivée de la pandémie de Covid-19 a également joué un rôle important dans cette période de remise en question. Contraint de ralentir le rythme, l’artiste explique avoir passé beaucoup de temps à réfléchir à sa carrière et à son avenir.
Malgré les difficultés, Keblack considère aujourd’hui cette étape comme l’une des plus importantes de sa vie.
« Je pense que c’était la meilleure partie de ma vie. C’est sûrement à ce moment-là que je suis devenu un homme. J’étais tout seul et je devais tout gérer, tout supporter. »
Une responsabilité renforcée par le poids de son entourage et de son équipe. Pour retrouver sa place dans le paysage musical, l’interprète de Complètement sonné s’est replongé dans son propre catalogue afin de comprendre ce qui avait séduit son public.
« J’ai réécouté mes anciens morceaux et je me demandais ce que les gens avaient aimé chez moi, ce qu’ils attendaient de moi. »
Selon lui, l’un des plus grands défis pour un artiste à succès est de ne pas devenir prisonnier de ses propres hits.
« Quand tu as un très gros morceau, il devient ton ennemi à un moment. Tu retournes au studio pour essayer de retrouver ce morceau-là alors que les gens l’ont déjà entendu. Si tu refais la même chose, tu tournes en rond. »
Avec le recul, l’artiste estime avoir compris les attentes de son public.
« C’était un Keblack de 2015, 2017, 2018. Mais les gens voulaient un nouveau Keblack. J’ai compris que mon public avait besoin d’un nouveau Keblack. C’était à moi de bosser et de trouver le bon équilibre », a-t-il conclu.
Avec ENERGY, Keblack semble désormais prêt à ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière.
Mohamed Cinq Sylla