Invité de l’émission Lampadaire sur Kaback TV, le rappeur guinéen Maxim BK a mis les pieds dans le plat. Sujet du jour : les clashs qui agitent le game guinéen.
Sur la question, il nuance. Les joutes entre rappeurs, le ego-trip, la compétition il comprend. C’est la rue, c’est le rap. Mais insulter les parents dans des disctracks, ça, il ne valide pas. Pour l’auteur de l’album Aleph, ce genre de dérapages ne fait que plomber l’image du rap guinéen.
Et sur ce terrain, Maxim BK a un constat plus large qui lui pèse : le rap guinéen ne rayonne pas au-delà de ses frontières.
«Aujourd’hui, je suis très peiné de sortir de la Guinée et de savoir qu’il n’y a vraiment pas de rappeurs guinéens écoutés ailleurs. Si je dis écouté ailleurs, je ne parle pas de notre communauté qui se trouve ailleurs. Mais par les autres.»
Il illustre le déséquilibre : des Guinéens ont du Didi B, du Himra, du Fally Ipupa, du Sakordy dans leur téléphone. Mais l’inverse ? Quasi inexistant selon lui.
«Si sur 100, c’est 2, 3 ou 10, ça n’existe pas.»
Pour lui, le vrai combat n’est pas dans les clashs, il est là : qu’un Ivoirien écoute un rappeur guinéen comme un guinéen écoute un Ivoirien. Qu’un jeune français tombe sur un Djanii Alfa et accroche.
Un rappeur qui regarde plus loin que la cour et qui appelle le game à en faire autant.
Mohamed Cinq Sylla