Cent jeunes artistes. Deux mille candidatures. Un seul objectif : donner à la prochaine génération musicale africaine ce qui lui a trop longtemps fait défaut l’accès.
C’est le pari que Tiwa Savage, l’une des voix les plus influentes du continent, vient de concrétiser à Lagos avec le lancement officiel de sa fondation musicale. Sur place, dans un centre dédié, elle a personnellement encadré la première promotion : ateliers instrumentaux, cours de chant, masterclasses sur les coulisses de l’industrie. Rien n’a été laissé au hasard.
Derrière l’initiative, un constat simple mais acéré : le talent n’est pas le problème. « Le problème, c’est l’accès. L’accès à l’éducation, à l’éducation musicale en particulier », a-t-elle affirmé. Une conviction portée par sa propre trajectoire celle d’une femme passée par les bancs du Berklee College of Music, à Boston, il y a une vingtaine d’années, avant de s’imposer comme une figure centrale de l’Afrobeats mondial.
C’est justement ce partenariat avec Berklee que Savage a tenu à formaliser. L’idée : servir de pont entre les institutions américaines de référence et les artistes nigérians et africains qui n’auraient jamais eu accès à ces réseaux seuls.
« Je voudrais simplement être le lien, quelqu’un capable de mettre en relation Berklee et d’autres institutions avec les talents africains », a-t-elle précisé.
La fondation ne se limite pas à la pratique artistique. Elle entend aussi former sur les métiers de l’ombre production, promotion, marketing sans lesquels même la meilleure chanson reste inaudible. « On peut avoir un super titre, mais il faut un super producteur, un responsable marketing capable de le faire connaître au reste du monde. C’est ce que cette fondation leur donne : les outils. Le talent, eux, ils l’ont déjà. »
Quant à l’héritage qu’elle souhaite construire, Savage ne mâche pas ses mots : « Dans de nombreuses années, je prie pour qu’un bénéficiaire de cette fondation soit le prochain Michael Jackson, le prochain Quincy Jones, le prochain Wizkid. »
Les cent premiers bénéficiaires, eux, semblent déjà avoir saisi la portée du moment.
Mohamed Cinq Sylla