Culture : le BGDA entre dans l’ère du numérique et annonce plus de 13,6 milliards GNF à répartir

La modernisation de la gestion des droits d’auteur en Guinée prend un tournant concret. Réunis à la Maison de la presse, les responsables du Bureau guinéen des droits d’auteur (BGDA) ont présenté un ensemble d’innovations numériques, tout en levant le voile sur les chiffres de l’exercice 2025.

Devant les médias, le Directeur général du BGDA, Moussa Fofana a situé l’enjeu de la rencontre : amorcer une nouvelle étape pour le secteur culturel. Selon lui, deux annonces majeures ont structuré la conférence : la répartition prochaine des droits d’auteur et le lancement des outils digitaux du Bureau.

« Nous vivons un moment important pour la gestion collective en Guinée », a-t-il indiqué, évoquant notamment la mise en ligne d’un site web institutionnel et d’applications dédiées aux créateurs. Objectif affiché : simplifier les démarches administratives et rapprocher les artistes de leur organisme de gestion.

Dans les faits, ces plateformes doivent permettre aux auteurs, compositeurs et autres ayants droit de créer un compte, suivre leurs dossiers et gérer leurs informations sans se déplacer. Une avancée présentée comme une réponse aux difficultés longtemps décriées dans le secteur.

La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moise Sylla, entouré de son cabinet. Prenant la parole, il est revenu sur les grandes lignes de la réforme engagée depuis plusieurs mois.

Le ministre a notamment insisté sur trois axes : la relance des partenariats internationaux, la digitalisation du système et l’application effective de la rémunération pour copie privée. Dans la foulée, il a dévoilé les résultats financiers du BGDA pour 2025.

Au total, 13 milliards 639 millions 341 mille 196 francs guinéens ont été collectés, un montant appelé à être redistribué aux ayants droit. Une enveloppe jugée significative, qui témoigne, selon les autorités, d’un regain d’efficacité dans la collecte.

Autre annonce de taille : l’élargissement des types de droits pris en compte. Pour la première fois, sept nouvelles catégories seront rémunérées, une évolution attendue par de nombreux créateurs.

Avec ces réformes et l’introduction du numérique, le BGDA veut tourner la page des lenteurs administratives et renforcer la confiance avec les acteurs culturels. Reste désormais à voir comment ces annonces se traduiront sur le terrain, notamment au moment des premières répartitions effectives.

Mohamed Cinq Sylla