À seulement 22 ans, Jojo Melow trace son chemin dans l’univers du beatmaking. Entre études universitaires, home-studio et ventes d’instrumentales sur internet, ce jeune producteur d’Abobo construit progressivement sa carrière. Si son nom reste encore peu connu du grand public, son parcours illustre celui d’une nouvelle génération de beatmakers africains qui utilisent les plateformes numériques pour se faire une place dans l’industrie musicale.
De son vrai nom GOUDO Joseph Bienvenu Patrice, Jojo Melow est étudiant en troisième année de QHSE. Originaire de la commune d’Abobo, à Abidjan, il découvre très tôt l’univers de la production musicale.
Le déclic survient lorsqu’il regarde une émission consacrée aux beatmakers sur OKLM TV, où le producteur français Seezy explique les coulisses de la création du morceau « Désaccordé » de Vald. Fasciné, le jeune Ivoirien se forme ensuite en autodidacte grâce aux tutoriels disponibles sur internet, avant de développer son propre univers musical.
Aujourd’hui, il décrit son style comme essentiellement mélodique, influencé par la scène rap française, notamment Tiakola, Rsko ou encore Genezio, sans pour autant se limiter à un seul registre. Bob Marley, Gazo et Himra figurent également parmi les artistes qu’il écoute régulièrement.
Comme de nombreux jeunes producteurs indépendants, Jojo Melow s’est tourné vers BeatStars, une plateforme spécialisée dans la vente d’instrumentales.
Il y commercialise principalement des « type beats », des compositions inspirées de l’univers sonore d’artistes populaires. Une pratique souvent utilisée par les beatmakers pour attirer de nouveaux clients et gagner en visibilité.
Selon le jeune producteur, cette activité représente aujourd’hui près de 80 % de ses revenus, un véritable soutien financier qui lui permet notamment de poursuivre ses études universitaires.
Il explique également avoir réalisé plusieurs remixes autour des morceaux du rappeur Himra afin d’élargir son audience sur les réseaux sociaux. Des contenus présentés comme des exercices de création et non comme des productions officielles.
Au-delà de ses ventes en ligne, Jojo Melow affirme avoir déjà travaillé avec plusieurs artistes de la scène ivoirienne.
Parmi les productions qu’il revendique figurent notamment plusieurs morceaux de Kawid, dont Woody, Problème (avec NicWallas), Okay et Shoot (avec El Jay). Il cite également Mentalité de Suspect 95 ainsi que plusieurs collaborations avec Yann Killer.
Ces informations proviennent des déclarations du beatmaker et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante par notre rédaction.
Jojo Melow évolue également au sein de ShudanTekii, un collectif composé de trois beatmakers avec Yvng Fab et Momo Beats4Real.
Le jeune producteur indique aussi avoir participé récemment à un concours de beatmaking dont la diffusion est annoncée sur RTI 3, sans qu’une date officielle n’ait encore été communiquée.
Parmi ses principales références dans le métier, il cite naturellement Seezy, qui lui a donné envie de produire, mais aussi le beatmaker ivoirien Noxious, dont il apprécie la capacité à mêler douceur et puissance dans une même production.
Interrogé sur la place des beatmakers en Côte d’Ivoire, Jojo Melow estime que les jeunes producteurs indépendants rencontrent encore des difficultés pour accéder aux artistes déjà installés. Pour beaucoup, les réseaux sociaux demeurent le principal moyen de se faire remarquer.
À 22 ans, le jeune producteur ne cache pas ses ambitions. Son objectif immédiat reste l’obtention de son diplôme universitaire avant de poursuivre, éventuellement, ses études en master. Mais une chose semble déjà acquise : il entend poursuivre son aventure musicale jusqu’à se faire une véritable place dans l’industrie.
Entre passion, apprentissage et entrepreneuriat numérique, Jojo Melow incarne cette nouvelle génération de beatmakers africains qui misent sur internet pour transformer leur talent en carrière.
Mohamed Cinq Sylla